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AFRICA HUMAN VOICE INTERNATIONAL Fédération d'Afrique |
| « La seule chose de bien à l'action de la violence, c'est l'action des hommes de bien » | |
à l'occasion de son retour au Congo |
091205
Congolaises, congolais Il y a huit ans, j'ai quitté le Congo, notre beau pays. Je ne trouverai pas les mots pour vous exprimer mon émotion de me retrouver parmi vous, aujourd'hui. Je voudrais, d'abord, remercier le Président de la République et sa chère épouse, Madame Antoinette SASSOU-NGUESSO, pour toute la sollicitude qu'ils nous ont témoigné, à moi-même et à ma famille, pendant les moments pénibles que nous venons de traverser durant le deuil que nous venons de vivre. C'est l'occasion ici, de remercier le Président Amadou Toumani Touré, Président de la République du Mali, et tout le peuple frère du Mali qui nous ont soutenu durant notre séjour dans leur beau pays. Mes remerciements vont aussi au Gouvernement de la République, au peuple congolais ainsi qu'à la classe politique nationale. En effet, le décès de madame Jacqueline KOLELAS MOUNZENZE " Mâ Ngouri ", ma chère épouse, qui m'a tant soutenu, laisse un grand creux dans mon cœur. Je remercie également le Président de la République, le Gouvernement et le Parlement, pour l'amnistie qu'ils m'ont accordée à la suite de la condamnation par contumace dont j'avais fait l'objet. Chers compatriotes, Mesdames, Messieurs, Depuis plus de 40 ans, j'ai mené le combat de la démocratie. Mon combat a été celui de la liberté et du respect de la vie. J'ai mené ce combat, non contre les hommes, mais contre un système : le communisme à l'époque. Au début de ce combat, j'ai été un personnage incompris, ce qui a engendré des moments douloureux que j'ai endurés. Mais la chute du mur de Berlin, l'éviction du communisme et plus particulièrement le discours du Président français, Monsieur François Mitterrand, à la Baule, ont rendu plus lisible mon combat politique. Ainsi, la Conférence Nationale Souveraine a consacré la démocratie dans notre pays. Mais comme toute idée nouvelle, sa perception a été parsemée de beaucoup d'incompréhensions, avec pour corollaires, les nombreux drames qui ont endeuillé notre pays. La démocratie n'abolit ni les différences, ni les contradictions sociales. Elle fédère des volontés dans la défense des grandes valeurs nationales et arbitre les conflits par le débat. Nulle part, elle fait éclater le pays en petits camps ennemis qui se suspectent et sont obligés de s'éliminer pour survivre. On ne peut donc pas faire endosser au peuple congolais la responsabilité des drames que notre pays a connu, qui ne sont que la conséquence du manque de sagesse des dirigeants politiques que nous sommes, dans la gestion du pouvoir. C'est ici que pour ma part, je demande pardon au peuple congolais, pour les torts que j'ai pu lui faire. Chers compatriotes, Comme je vous l'avais déjà dit lors de mon dernier message, je cite : « … mon souhait le plus ardent c'est de retourner dans un Congo réconcilié, fraternel, où il fera beau vivre ! Un Congo où la paix, l'entente, la démocratie pluraliste et l'unité nationale seront au rendez-vous, seront la pierre angulaire de notre pays, du Nord au Sud ». Nous sommes donc rentrés au pays pour contribuer à la consolidation de la paix, de l'entente et de la réconciliation nationale, pour le développement harmonieux de notre pays. Congolaises, congolais , chers compatriotes Le temps qui nous reste, nous devons le consacrer à œuvrer pour les fondements solides de la démocratie et de la paix au Congo. J'exhorte la classe politique congolaise à ramener l'homme au centre de son action. Le respect de la vie et le bonheur du peuple congolais, doivent nous guider. A notre jeunesse, je demande l'abandon de la violence sous quelque forme que ce soit. Le Congo est un héritage commun. Nous devons le transmettre à notre tour, aux générations futures, uni, préservé, embelli et mis en valeur.
Vive le Congo Je vous remercie. Brazzaville, Hôtel Méridien, le 9 décembre 2005 Bernard KOLELAS |