AFRICA HUMAN VOICE INTERNATIONAL
Fédération d'Afrique
« La seule chose de bien à l'action de la violence, c'est l'action des hommes de bien »

LE CAS TOGOLAIS EXPLIQUE
AUX PATRIOTES AFRICAINS

A force de continuer indéfiniment à jouer au docteur Frankenstein avec la démocratie en Afrique, Chirac finit par créer des "monstres" tueurs de démocratie. Si un jour, ces monstres ne se retournent pas contre lui-même et contre la France, alors ce sont les peuples africains, victimes de ces monstres, qui finiront par le faire. La grande France perdra alors l'ensemble de ses intérêts, bien au-delà des intérêts de la françafrique que Chirac s'évertue tant à protéger.

Les événements qui se déroulent au Togo depuis le 5 février 2005, date du décès du général Gnassingbé Eyadéma, éclairent d'un autre projecteur, les graves conséquences de la complicité et du soutien actif de Chirac aux régimes de dictature en place dans les anciennes colonies françaises en Afrique.

Après avoir perpétré le premier coup d'État de l'histoire des jeunes États africains fraîchement indépendants, marqué par l'assassinat du père de l'indépendance du Togo, le Président Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963, assassinat que Gnassingbé Eyadema revendique personnellement, et auquel l'officier français en poste à Lomé a activement participé selon toutes les publications, Eyadema réédite un coup d'État militaire le 13 janvier 1967, date à laquelle il accède au pouvoir. Il regrettera cette revendication tout au long de ses 38 ans de règne impitoyable. Si l'ère des coups d'État en Afrique a démarré en 1963, la descente aux enfers a réellement débuté pour le Togo à la prise du pouvoir par Eyadema. Pendant trente-huit ans, le peuple togolais a connu un règne sans partage avec les pires atrocités. Pour asseoir son régime de terreur, il dresse le Nord du pays contre le Sud, d'abord en mettant dans la conscience des populations du Nord que le jour où lui Eyadema perdrait le pouvoir, alors les populations du Sud s'en prendraient à eux, ensuite, pour bien consolider la division Nord-Sud, il construit l'armée nationale sur la base des ressortissants de son ethnie, les Kabyè, et particulièrement de son village, Pya. Ils représentent dans l'armée 80% d'un effectif de douze mille hommes environ. C'est cette armée qui sera le fer de lance de la répression du régime Eyadema, répression dirigée pendant longtemps contre les élites du Sud, accroissant ainsi la rancœur des populations du Sud contre leurs frères du Nord. Mais, depuis que des hauts gradés de l'armée et des cadres issus du Nord font l'objet d'assassinat et de répression par le régime, la stratégie de diviser pour régner ne porte plus ses fruits autant que par le passé. Les togolais ont compris que ce n'est pas le Nord qui fait souffrir le Sud, mais, que c'est le clan Eyadema qui fait souffrir l'ensemble des togolais, du Nord, du Sud, de l'Est et de l'Ouest, avec le soutien indéfectible de la France. L'interrogation qui revient dans les discussions à Lomé et dans les autres capitales africaines est de savoir comment le Togo, l'ex-Suisse de l'Afrique de l'Ouest, a pu être tenu sous cette sanglante dictature pendant autant de décennies ? La réponse est à chercher, en grande partie, dans les relations du régime Eyadema avec la France et surtout dans les relations personnelles entre Gnassingbé Eyadema et Jacques Chirac.

Chirac, père de la fracture démocratique en Afrique

Depuis les indépendances, la France fait et défait les Chefs d'État en Afrique francophone, au rythme des coups d'État et des guerres civiles savamment orchestrées et presque toujours présentées comme des guerres d'origine ethnique, ce qui est devenu une évidence pour tout le monde. La longévité d'un Chef d'État au pouvoir dans le pré-carré français est un baromètre qui détermine la qualité des relations, de type Françafrique bien sûr, entre ce Chef d'État et le pouvoir français. De tous les Chefs d'État qui se sont succédés à la tête de l'État français depuis 1958, Chirac reste de loin celui qui entretient, de manière très ostensible, des relations de complicités avec les Chefs d'État spécialistes de démocratie à l'africaine.

Les relations d'État à État ont été travesties par Chirac. Elles sont devenues des relations personnelles, qui n'ont rien de mauvais en soi, sauf que, au lieu de servir de moteur de développement pour les pays, comme Mitterrand et Kohl l'ont fait pour faire avancer l'Europe, elles sont entretenues sur la base d'intérêts obscurs et claniques, au détriment des peuples africains. Chirac est décrit par ses pairs africains, et lui-même le revendique, comme le plus africain des Chefs d'État français de la Vième République. Au point qu'il n'a pas hésité à considérer le Président Thabo M'béki comme quelqu'un qui ne connaît ni la psychologie, ni l'âme des africains de l'ouest. C'est dire la haute idée que Chirac a de sa personne par rapport aux africains. Il considère l'essentiel des Chefs d'État du pré-carré français comme ses amis personnels; C'est le cas pour le Gabon, le Tchad, le Burkina, le Congo-Brazza, le Sénégal et bien sûr le Togo. L'alternance politique qui s'est produite au Sénégal est non seulement l'arbre qui cache la forêt, mais surtout, elle n'a pu avoir lieu que grâce au sens élevé de l'État qu'a le Président Diouf. D'ailleurs, lorsqu'en 1991 Eyadema tirait au canon sur le Premier Ministre issu de la conférence nationale au Togo, Abdou Diouf a été pratiquement le seul Chef d'État de l'Afrique francophone à demander l'intervention de la France pour ramener le clan Eyadema sur le chemin de la démocratie. Naturellement, il n'en a rien été. Bien au contraire, Eyadema, après avoir opéré son hold-up électoral en 1998 et s'être senti contraint d'annoncer qu'il ne se présenterait plus en 2003 aux élections présidentielles avec la caution morale de Chirac, ce dernier n'a pas hésité à faire fi de cet engagement et à féliciter son protégé qui venait de tripatouiller la constitution en 2003 et faire intervenir les militaires dans le processus de dépouillement des bulletins de vote pour se proclamer vainqueur.

Chaque fois qu'une constitution africaine fait obstacle aux intérêts de Chirac, ce dernier fait procéder à un tripatouillage. Progressivement, on a ainsi vu les acquis des conférences nationales, gagnées de hautes luttes par les peuples, piétinés et jetés aux oubliettes. D'année en année, on se retrouve avec des Chefs d'État ayant quarante ans de règne. Ceux qui sont à quinze ou vingt ans de règne font figure de défavorisés, et espère battre le record Eyadema. Triste sort que Chirac entretient pour l'Afrique.

A l'heure où les organisations internationales, l'ONU en tête, montent des programmes à coup de milliards de dollars pour réduire la fracture numérique, la fracture économique et industrielle, la France de Chirac se démène par ailleurs pour maintenir l'Afrique francophone dans un sous-développement politique en accroissant la fracture démocratique. Lorsqu'on sait que la bonne gouvernance, un autre cheval de bataille de l'ONU, est une base nécessaire au développement, on comprend facilement l'énormité des dégâts que Chirac cause au continent africain, en flouant aux pieds les constitutions africaines, et en apportant le soutien sans réserve d'un grand pays à des régimes de dictature avérée. Chirac est le seul Chef d'État du G8 à avoir ce comportement dégradant pour les vertus de démocratie que prône l'occident, exposant le peuple français aux récriminations des peuples africains, et contribuant à la dégradation de l'image de la France auprès des élites africaines, et même de la population en général. Si on laisse les choses perdurer, l'addition deviendra très salée pour la France. Le peuple français qui partage une longue histoire avec l'Afrique doit se lever, les élites en tête, pour faire pression afin que soit mis un terme à ce comportement révoltant de Chirac qui n'honore pas la France, pays mondialement reconnu comme celui des droits de l'Homme.

Avec le soutien indéfectible et sans état d'âme qu'il offre aux régimes qui font fi de la démocratie en Afrique, Chirac finit par créer de petits monstres, à la Frankenstein, tueurs de démocratie en Afrique. Le clan Gnassingbé en est une parfaite illustration dans toutes ses dimensions.

Faure Gnassingbé, un petit "monstre" de la françafrique

On nous dit que Faure Gnassingbé est âgé de trente-neuf ans. Il n'était donc pas encore né lorsque son père a commis le premier coup d'État d'après les indépendances, et il avait à peine un an lorsque le sergent-chef Etienne Eyadema prend le pouvoir en 1967. Le nouveau putschiste du Togo n'a connu que le régime de son père. Il a trempé et macéré dans ce cocktail de répression, d'assassinats d'opposants, de mépris pour le peuple et pour sa Constitution, sous la bénédiction personnelle de la France Chiraquienne. La jeunesse togolaise quadragénaire n'a connu que ce calvaire. Et Faure Gnassingbé a noté que cela a toujours fonctionné ainsi pour son père, malgré quelques réactions timides et occasionnelles de la communauté internationale et plus de dix ans de rupture de l'aide de l'Union Européenne. La psychologie de ce garçon est toute faite. Continuer l'œuvre de papa ! En protégeant les intérêts de la françafrique, le soutien de Chirac sera au rendez-vous, et sans ambiguïté. Et la communauté internationale ? Peu importe, ce sera comme d'habitude, elle s'agitera un peu et elle finira par s'en accommoder et se tournera vers une autre urgence.

Alors que le cadavre du général Eyadema est encore tout chaud, on découvre son fils Faure comme champion toute catégorie en changement de fonction dans des délais records. En quelque jours à peine, il passe de ministre à chef d'Etat, puis député, ensuite président de l'assemblée nationale pour être confirmé chef d'Etat. Au passage, l'Assemblée Nationale aura fait l'exploit de changer la Constitution en moins de trois heures. Une prouesse ! Soit les députés avaient la kalachnikov sur la tempe, et ils ont dû sauver leur peau, soit ils étaient pressés de sauvegarder leurs miettes d'intérêts, ce qui est plus plausible. Le résultat est le même pour les togolais. L'énormité de la démarche traduit le profond mépris que ces " voyous " de la République ont pour le peuple togolais, le peu de considération pour la communauté internationale, la suffisance et l'arrogance de ce clan prédateur. Le petit monstre a montré toute sa capacité à tuer la démocratie, fut-elle naissante. Mais cette fois, la mayonnaise ne prend pas, grâce à la résistance du peuple et au réveil des institutions africaines.

Le réveil des institutions africaines

Alors que le peuple togolais, traumatisé par la quarantaine d'années de répression sauvage, se demande si leur dictateur est bien décédé, la communauté africaine n'a pas tardé à réagir. Le Président de la Commission de l'Union Africaine, Alpha Omar Konaré, ayant appelé un chat un chat, au premières heures de l'annonce du décès d'Eyadema, dénonce le coup d'État militaire qui se produit. Le Président de l'Union Africaine, Olusegun Obasanjo, lui emboîte le pas en condamnant avec vigueur ce coup d'État. Le Président de la CEDEAO, Mamadou Tandja, n'est pas en reste. La célérité et la virulence de ces condamnations ont surpris les observateurs de la scène politique ouest africaine, qui en pareil cas attendent généralement que Paris donne le ton de la position à exprimer. Surtout, lorsqu'on regarde la position de ces mêmes Institutions dans la crise ivoirienne. La réponse à cette réaction rapide est à chercher ailleurs.

En effet, dans la crise ivoirienne, les Institutions africaines, la CEDEAO et l'Union Africaine se sont laissées téléguider par la France, et tous les médiateurs de la sous-région se sont cassés la figure. Il a fallu l'entrée en scène du Président Thabo M'béki, qui n'a aucun intérêt premier en Côte d'Ivoire, si ce n'est de voir un pays africain comme la Côte d'Ivoire se relever, pour que des avancées significatives s'effectuent et que le médiateur s'oppose aux manipulations dangereuses de Chirac, qui ont conduit aux graves événements de novembre 2004 à Abidjan.

Les personnalités ouest africaines avaient une double revanche à prendre, sur le cas ivoirien. D'abord, montrer à la communauté internationale que la crise du Togo peut être résolue en Afrique de l'Ouest, intra muros, ensuite, redorer leur image ternie qui découle de leur soutien à Chirac contre Gbagbo, au mépris du respect de la constitution ivoirienne. Il y allait aussi de la crédibilité de l'Union Africaine et de la CEDEAO. Le Président Obasanjo fait preuve d'une intransigeance qui prend aussi sa source dans la compétition de leadership, aujourd'hui ouverte, entre le Nigeria et l'Afrique du Sud, aussi bien dans la résolution des crises sur le continent que dans la prochaine adhésion de l'Afrique au Conseil de Sécurité. En prenant de court la France, l'Afrique de l'Ouest s'est positionnée et a donné le ton sur la crise du Togo, le ton de la fermeté, celle que les populations africaines attendent de leurs dirigeants, et qui a si souvent fait défaut. Quant à Chirac, il s'est contenté de déplorer la perte d'un ami personnel, avant de condamner de manière à peine audible, le coup d'État, sans le nommer. Comme s'il ne voulait pas montrer à ses autres amis dictateurs que lui aussi condamne ce coup. S'en est suivi une demande, par la France, d'organisation de nouvelles élections, tout en reconnaissant de fait le pouvoir illégitime. Il aura fallu la pression de l'UA, de la CEDEAO et des patriotes togolais pour que la France daigne parler d'élection présidentielle au Togo, mais toujours avec ce non dit qui sous-entend que le 'petit tueur de démocratie' reste en place jusqu'aux prochaines élections générales. La présence du grand professeur de droit Charles Debbach de l'Université d'Aix-Marseille III, en Provence, dans le sud de la France, comme barbouze juridique de la dictature togolaise, appuyée par celle du colonel Mario, officier de forces armées françaises chargés de l'organisation de la répression, aux côté des putchistes sans que la justice française ne bouge, ne manque pas d'étonner.

Et pourtant les patriotes togolais sans armes, si ce n'est une détermination sans faille, prennent pacifiquement les rues de Lomé, la capitale togolaise. La répression, rodée depuis des décennies par une méthodologie éprouvée, sera assurée de manière magistralement sanglante par l'armée togolaise, ou du moins par le noyau dur qui salit le nom de cette armée. On retrouve au Togo l'émergence du sens patriotique, comme l'ont montré les jeunes ivoiriens patriotes.

Des patriotes au niveau supra-national

Les événements s'enchaînent en Afrique de l'Ouest. Le cas ivoirien est encore sur la braise, qu'un autre foyer s'allume à quelques encablures à Lomé, et on entend des frémissements qui viennent du Bénin au sujet d'une éventuelle modification de la constitution, qui serait en cours de préparation par un Président, ex-dictateur chassé par la conférence nationale et revenu légitimement et légalement à la faveur d'une alternance démocratique appréciée par l'Afrique entière. Si cette autre manipulation se réalisait, ce serait un recul grave pour un pays faisant office de modèle de démocratisation en Afrique.

L'UA et la CEDEAO ont le devoir de résoudre le cas togolais dans le scrupuleux respect de la constitution, pour donner un signal fort et définitif à tous ceux qui veulent se rendre coupables de la fracture démocratique. Si tel n'était pas le cas, alors on connaîtrait un effet domino qui se répandra en Afrique francophone en un cocktail du cas togolais et du modèle ivoirien.

Dans tous les cas, l'Afrique s'achemine vers la naissance d'un patriotisme transfrontalier. Le phénomène a été observé en Europe dans les années 89 à 90, particulièrement en Pologne. Lorsque le dictateur Jaruzelski réprimait avec violence l'appel à la démocratisation lancé par le syndicat Solidarnosc, l'ensemble des forces vives de l'Europe occidentale s'est levé pour soutenir le leader syndical Lech Walesa. On a vu des convois de bus partir des quatre coins de l'Europe pour rallier Varsovie afin de soutenir la révolution polonaise. Le combat actuel des patriotes africains gagnerait à aller dans ce sens.

Les patriotes de l'Afrique de l'Ouest doivent se donner la main pour faire échec aux prises du pouvoir par les coups d'État, par les armes, ou par les manipulations détestables des Constitutions. On doit se faire à l'idée de voir un jour des patriotes, au sens premier et non celui que présente RFI pour dénigrer l'action des ivoiriens, quittant le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Bénin et d'autre pays dont la conscience réclame la liberté, pour rallier le Togo afin de soutenir le combat des patriotes togolais. Si le commerce se mondialise, pourquoi la défense de la liberté ne le serait pas ? C'est au prix de ce patriotisme transfrontalier que la voracité de la françafrique sera contenue et que les dirigeants africains respecteront les peuples qui les élisent.

Ce qui se joue en Côte d'Ivoire et au Togo constitue un point de croisement pour l'avenir de l'Afrique francophone. La manière dont les peuples accepteront la résolution de ces crises déterminera l'avenir proche de la zone. C'est un challenge pour les dirigeants d'aujourd'hui de réussir cette évolution, et c'est un devoir pour les peuples de ne plus se laisser duper. L'histoire prochaine de l'Afrique francophone se joue en grande partie à Abidjan et à Lomé.

Quelle type de solution pour la crise togolaise ?

Jusque là, le peuple togolais est descendu dans la rue juste pour manifester sa condamnation du coup d'État militaire. Il faut que l'UA et la CEDEAO parviennent à bouter les putschistes hors du pouvoir, si l'on ne veut pas que le peuple marche sur le palais présidentiel pour arracher son pouvoir. Ce type de solution connaît toujours des dérapages et un coût élevé en vies humaines.

Le caractère grotesque du coup d'État militaire perpétré par le groupe de soldatesques qui tient le Togo en otage, fait que la solution à mettre en place n'a pas la même complexité que celle que requiert la crise ivoirienne, qui souffre des multiples jeux que la France et ses amis entretiennent. Le Togo est relativement calme, malgré l'assassinat d'une dizaine de manifestants par l'armée depuis le vendredi 11 février dernier. L'opposition n'a pas pris les armes, et il y a pratiquement unanimité de la communauté internationale sur une ligne de fermeté, en dépit la position de la France qui suit cette ligne à pas de tortue handicapée.

La seule position qu'il convient de retenir est le retour à l'ordre constitutionnel d'avant coup d'État. Ce qui signifie le retour du Président de l'Assemblée Nationale qui doit assurer l'intérim de la Présidence de la République, avec la composition d'un gouvernement de transition regroupant les partis politiques traditionnels et modérés ainsi que la société civile, en vue d'organiser les élections présidentielles et législatives.

Un tel scénario aura de multiples avantages. D'abord il ramènera la paix civile dans un bref délai et réactivera le processus de démocratisation en panne depuis 1993 au Togo, ensuite, il enverra un signal fort à tous ceux qui sont tentés par une aventure de coup d'État, tout au moins en Afrique de l'Ouest. Enfin, il redorera un peu le blason de l'UA et de la CEDEAO qui s'étaient un peu égarées dans la recherche de solutions à la crise ivoirienne. Il est clair que cette fermeté de l'UA et de la CEDEAO à l'endroit des putschistes togolais, les conduira à être plus regardant sur le respect de la Constitution en Côte d'Ivoire. Toute la crédibilité de ces institutions est dans la balance.

Espérons que ces deux organisations sous-régionale et régionale tiendront le cap de cette fermeté et marqueront positivement ainsi un tournant décisif dans les relations franco-africaines. Telle est l'attente de l'immense majorité des peuples d'Afrique francophone.