![]() |
AFRICA HUMAN VOICE INTERNATIONAL Fédération d'Europe |
| « La seule chose de bien à l'action de la violence, c'est l'action des hommes de bien » | |
CONGO-PPTE : Le Congo respectera-t-il sa parole ?
La Banque mondiale (BM) a de nouveau exhorté le Congo, qui vient d'accéder à
l'initiative de réduction de la dette des Pays pauvres très endettés (PPTE)
à renforcer la lutte contre la corruption et la transparence dans le secteur
pétrolier, ce qu'il s'est engagé à faire.
Le Congo doit "renforcer la transparence dans la gestion des revenus
pétroliers, mettre fin au conflit d'intérêts à la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et élaborer un programme national contre la corruption", a déclaré à la presse le directeur pour l'Afrique centrale de la BM, Pedro Alba.
Il a ajouté que le Congo devait aussi "achever l'élaboration du document
stratégique de lutte contre la pauvreté".
« Il s'agit là des déclencheurs qui permettront au Congo d'atteindre le "point d'achèvement" de l'initiative PPTE », c'est-à-dire le moment où ce pays pétrolier pourrait voir sa dette "annulée de 61%", a précisé M. Alba.
La dette du Congo était à la fin 2004 de quelque 9,2 milliards de dollars.
Dans une déclaration diffusée vendredi par la radio nationale, le ministre
congolais des Finances, Pacifique Issoïbeka, s'est pour sa part félicité de la
décision annoncée mercredi par la BM et le Fonds monétaire international
(FMI) de considérer le Congo éligible à l'initiative PPTE.
"Le gouvernement s'engage à poursuivre les réformes jusqu'au point
d'achèvement de l'initiative PPTE", a-t-il ajouté.
Le FMI et la BM "ne pouvaient pas s'opposer à cet accès parce que nous
travaillons avec elles", a estimé M. Issoïbeka, saluant les "efforts du président (congolais) Denis Sassou Nguesso".
Avant d'autoriser le Congo à accéder à l'initiative convoitée, le président
de la BM, Paul Wolfowitz, avait affirmé que l'allègement de la dette ne
serait pas octroyé "sur la base de promesses, mais sur la base de performances".
Il avait rappelé que 70% des Congolais vivaient avec moins d'un dollar par
jour dans un pays où l'or noir rapporte officiellement chaque année deux
milliards de dollars.
Dans un rapport publié en 2005, l'ONG Global Witness, basée à Londres, a mis
en cause l'entourage du président Sassou Nguesso, accusant directement le
directeur général de la SNPC Denis Gokana d'être l'artisan de montages
financiers destinés à dissimuler les pétrodollars.
Ces montages complexes, qui s'appuient sur des sociétés écrans, ont été mis
au jour en novembre par la justice britannique.
Face à ces accusations, Brazzaville a dénoncé une "campagne de dénigrement"
mais a reconnu avoir "caché" ses revenus pétroliers pour se "protéger" de
"créanciers vautours" qui essayeraient de saisir ses comptes. "Les opérateurs de ces +fonds vautours+ sont des gangsters, des bandits qui s'attaquent aux
pays pauvres", avait déclaré le président du Congo lors d'une conférence de
presse jeudi dernier à Paris, souligant qu'en matière de morale, le Congo n'avait pas de leçon à recevoir d'ONG comme Global Witness.
|